The little cemetery

Le ciel est lourd
Au dessus du petit cimetière
Demain, cet autre jour
Plus doux, moins sombre qu'hier
Me fera retrouver l'amour
Près de la chantante rivière

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Corvidae 04

Le solitaire se fit nuée
Sombre troupe affolée
Se perdant dans les bois enneigés
Escortée par l'obscur équidé



La galerie Corvidae.

white house

J'ai découvert près de chez moi une jolie bâtisse.
En cherchant une foire à tout, je suis passée en voiture devant cette grande maison bourgeoise fermée, volets clos et jardin sauvage.
En discutant avec le voisin j'ai découvert que c'était une résidence secondaire et ce charmant monsieur qui s'occupe du jardin m'a gentiment proposé de transmettre mes coordonnées aux propriétaires pour une éventuelle séance photo.
J'espère sincèrement avoir des nouvelles car ce lieu semble être resté dans son jus.
Le temps a juste transformé cet endroit en un romantique et mélancolique terrain de jeu photographique.

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Quelque-part en Normandie...

church

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Les pauvres à l'église

Parqués entre des bancs de chêne, aux coins d'église
Qu'attiédit puamment leur souffle, tous leurs yeux
Vers le choeur ruisselant d'orrie et la maîtrise
Aux vingt gueules gueulant les cantiques pieux ;

Comme un parfum de pain humant l'odeur de cire,
Heureux, humiliés comme des chiens battus,
Les Pauvres au bon Dieu, les patrons et le sire,
Tendent leurs oremus risibles et têtus.

Aux femmes, c'est bien bon de faire des bancs lisses,
Après les six jours noirs où Dieu les fait souffrir !
Elles bercent, tordus dans d'étranges pelisses,
Des espèces d'enfants qui pleurent à mourir.

Leurs seins crasseux dehors, ces mangeuses de soupe,
Une prière aux yeux et ne priant jamais,
Regardent parader mauvaisement un groupe
De gamines avec leurs chapeaux déformés.

Dehors, le froid, la faim, l'homme en ribote :
C'est bon. Encore une heure ; après, les maux sans noms !
- Cependant, alentour, geint, nasille, chuchote
Une collection de vieilles à fanons :

Ces effarés y sont et ces épileptiques
Dont on se détournait hier aux carrefours ;
Et, fringalant du nez dans des missels antiques,
Ces aveugles qu'un chien introduit dans les cours.

Et tous, bavant la foi mendiante et stupide,
Récitent la complainte infinie à Jésus
Qui rêve en haut, jauni par le vitrail livide,
Loin des maigres mauvais et des méchants pansus,

Loin des senteurs de viande et d'étoffes moisies,
Farce prostrée et sombre aux gestes repoussants ;
- Et l'oraison fleurit d'expressions choisies,
Et les mysticités prennent des tons pressants,

Quand, des nefs où périt le soleil, plis de soie
Banals, sourires verts, les Dames des quartiers
Distingués, - ô Jésus ! - les malades du foie
Font baiser leur longs doigts jaunes aux bénitiers.

Arthur Rimbaud (Poésie 1870)
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